Bistro Thazard : l’envers d’un décor

5 juin 2016 0h00 · Thazard

Lorsque David Schmidt et ses associés ont commencé à rêver le Thazard, une vision commune n’a pas tardé à émerger au sein de l’équipe: un bistro franco-japonais intemporel, inspiré de l’art-déco des années 30 et 40 avec une touche moderne. Après tout, avec des succès comme le resto mexicain Maïs, les bars d’inspiration russe Datcha et Kabinet et Le Mal Nécessaire, un bar tiki dans le quartier chinois, le restaurateur en série sait comment créer ces lieux où l’on aime revenir.

Selon lui, la première étape consiste à bien faire ses devoirs et à développer d’une part une bonne compréhension des opportunités du marché et d’autre part une connaissance approfondie des tendances d’ici et d’ailleurs. «Je voyage énormément. Il faut aller voir ce qui se passe à Barcelone, à Mexico et New York! Je prends des notes de façon névrosée. On appelle ça de la R&D, mais au fond, on mange et on boit dans des endroits incroyables!»

Une fois le manque à combler identifié, il faut ensuite choisir l’approche globale. S’il voue une admiration manifeste au travail de Zébulon Perron pour son travail architectural des espaces, David préconise pour sa part un angle plus «design d’intérieur», sans plan Autocad. «Le plus difficile, c’est de rendre les choses intemporelles, que ça marche encore dans dix ans», explique-t-il.

Alors que la compétition féroce force les restaurateurs à renouveler leur décor tout les cinq à sept ans, parfois moins, cette affirmation pourrait faire sourciller si elle n’était pas assortie d’une stratégie efficace: «Chez Thazard, les banquettes et le bar ont été conçus pour résister au passage du temps, mais il ne se passe pas quelques mois sans que de nouveaux éléments s’ajoutent au décor, renouvelant l’effet wow pour les habitués».

En mars dernier, David s’est rendu dans le quartier chinois afin de mettre la main sur des dizaines de parasols japonais qu’il a ensuite posés au plafond, au-dessus du bar et dans la salle privée. Le restaurateur insiste sur l’importance de fouiller partout afin de mettre la main sur la lampe ou la verrerie qui contribueront au look recherché. «Ça m’excite, ça m’intéresse, ça m’obsède, ça me torture. J’aime trop ça pour appeler ça du travail!»

Bistro Thazard

5329, boulevard Saint-Laurent – Montréal

514 802-8899

thazardmtl.com

Texte: Héloïse Leclerc

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