Consommer la mer : les options écologiques

1 décembre 2016 0h00 · Odessa

Pas toujours facile de concilier consommation de produits de la mer et paix d’esprit en 2016. Entre le thon rouge menacé d’extinction en raison de la surpêche et les élevages toxiques de crevettes tigrées dans les mangroves du sud-est asiatique, reste-t-il encore des façons de profiter des saveurs de l’océan? Pour Matthieu Gautier, gérant de la succursale des Poissonneries Odessa située à Brossard, dans le quartier DIX30, il ne fait pas l’ombre d’un doute que oui. Cela dit, tout achat doit commencer par une relation de confiance avec son poissonnier pour un achat éclairé.

Quelles questions poser? En tête de liste, celle de la provenance: une même espèce sera pêchée ou élevée de manière très différente selon son origine géographique. C’est notamment le cas du très controversé tilapia: le plus souvent importé de fermes chinoises aux pratiques douteuses, le tilapia est aussi élevé en Amérique du Sud dans de grands bassins d’eau douce en circuit fermé.

«Certaines grandes compagnies ont réussi à obtenir la certification ASC (Aquaculture Stewardship Council) qui justifie de bonnes pratiques aquacoles, expose Matthieu. Moi je vois un beau futur pour ce poisson, car il est végétarien. Dans la chaîne alimentaire, cultiver des végétaux est ce qu’il y a de plus simple et de plus efficace, certainement plus en tout cas que de produire de la farine à base de hareng et de poisson de forage pour nourrir des poissons carnivores.»

Algues et animaux filtreurs

L’accent sur la provenance permet aussi de favoriser l’achat d’espèces élevées chez nous, diminuant l’empreinte écologique du transport. «Il n’y a pas de kérosène dans le turbot du Québec. Celui d’Islande, même issu de pêcheries responsables, aura voyagé 3 000 ou 4 000km par avion pour parvenir jusqu’à nous.»

D’ailleurs, les options locales intéressantes ne manquent pas en poissonnerie. «On pourrait penser à l’omble chevalier, qui est encore assez méconnu. Il ressemble à la truite, mais en un peu plus fin, avec une couleur orange clair et des flocons délicats.» Élevée en circuit clos à la Rivière-au-Renard, elle présenterait un risque minimal pour la contamination des espèces sauvages. «Il y a la truite des Bobines aussi. Elle n’est pas certifiée par l’ASC, car ça prend beaucoup de moyens pour obtenir cette reconnaissance.»

Selon Matthieu, il ne faudrait surtout pas omettre d’inclure aux options futées les animaux filtreurs, comme les moules, palourdes et huîtres de l’Île du Prince Édouard et des Îles-de-la-Madeleine. «Ces cultures n’interviennent pas sur le milieu naturel. Les animaux filtreurs se nourrissent de microalgues naturellement présentes dans l’eau. C’est naturel. C’est gratuit.» Et cela se reflète sur le prix de vente, stable et accessible.

Dans cette optique, un autre aliment marin risque fort de gagner en popularité au courant des prochaines années: les algues comestibles. Plusieurs chefs apprennent désormais à les cuisiner grâce au travail de plongeurs spécialisés comme Antoine Nicolas, le fondateur d’Un Océan de saveurs. En somme, il est réconfortant d’observer la montée d’une exploitation plus responsable des ressources de la mer. Si la partie est loin d’être gagnée, il est au moins possible de se régaler la conscience tranquille…

Les Poissonneries Odessa
odessapoissonnier.com

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