Plus le temps de cuisiner, prêt à manger?

22 juin 2016 0h00 · Boucherie Capitol

Selon Malek Batal, professeur au département de nutrition de l’Université de Montréal, la consommation d’aliments transformés et prêts-à-manger a connu une hausse de 136% au Canada au cours des 75 dernières années. Les aliments naturels (peu transformés ou culinaires, c’est-à-dire entrant dans la composition de recettes faites maison), ont quant à eux subi une baisse conséquente de 65%.

Dans un document intitulé Tendances alimentaires au Canada d’ici à 2020, perspectives de la consommation à long terme, préparé pour Agriculture et Agroalimentaire Canada, les auteurs notent que pour la génération Y, la cuisine au quotidien consiste à réchauffer des mets prêts à emporter ou en un assemblage de composantes préparées. En parallèle, la cuisine est aussi devenue un passe-temps et la préparation d’un repas maison a été élevée au rang d’événement social ou spécial.

En affaires au Marché Jean-Talon depuis 1957, la Boucherie Capitol a assisté à la transformation des modes de consommation de ses clients. Depuis une quinzaine d’années, l’entreprise s’est adaptée en augmentant sans cesse son offre en produits prêts-à-manger. «Et ça ne fait que croître!», note le gérant, Vito de Benedictis. Sa boucherie emploie aujourd’hui 4 chefs cuisiniers en plus de ses 7 bouchers, un signe de la place que la transformation alimentaire occupe dans ses opérations.

Dépasser la notion «d’accompagnements»

Prêt-à-manger ne rime cependant pas avec malbouffe dans la tête des consommateurs. La commodité et le prix attractif ne suffisent plus, et répondre à leurs exigences n’est pas une mince affaire. Dans le cas de la Boucherie Capitol, l’offre a été depuis longtemps réfléchie pour dépasser la notion «d’accompagnements» aux viandes de boucherie.

Une quinzaine de salades fraîches, de pâtes, de lasagnes et de viandes mijotées sont placées sur l’étalage, histoire de parler à tous les consommateurs. Vito va jusqu’à importer des spécialités siciliennes, arancinis et calzones, pour satisfaire sa clientèle en quête de différence et d’authenticité.

Au-delà des profils de saveurs, les clients sont aussi attentifs aux propriétés nutritionnelles, au caractère écoresponsable, et même au mode de réchauffage. «Nous avons retenu des emballages en aluminium pour cette raison: ils sont recyclables et permettent de réchauffer la nourriture au four sans passer par le micro-ondes», explique le propriétaire.

Si le prix plus élevé des ingrédients biologiques et des viandes d’élevage rustique freine toujours leur utilisation dans la logique du prêt-à-manger, tout porte à croire que cette formule connaîtra une transformation au cours des prochaines années. Après tout, moins on cuisine, plus il faut réfléchir à ce qu’on met dans son assiette!

Boucherie Capitol

158, place du Marché-du-Nord – Montréal

514 276-1345

boucheriecapitol.com

Texte: Héloïse Leclerc

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