La taxidermie à l’écran

16 novembre 2016 0h00 · Bilodeau Boutiques

Parmi les Québécois qui œuvrent dans le domaine de la taxidermie et du tannage, la fondation du commerce de la fourrure naturelle à porter Marcel Bilodeau a su rajouter une corde à son arc en développant une expertise de pointe pour le cinéma et la publicité.

De nombreuses productions lui ont en effet confié la création, la fabrication ou le prêt de vêtements et accessoires ornés de fourrure et autres objets dérivés des animaux. On citera en exemple les films Blanche-Neige, Une nuit au musée ou La Momie 3, pour ne nommer que ceux-là. Certaines de ses réalisations les plus spectaculaires lui ont même permis de redonner vie à des animaux morts. Sorcellerie? Pas vraiment…

«Travailler avec des animaux vivants dans le respect des milieux naturels, c’est difficile», commente Marco Tremblay, gérant de Bilodeau Boutique à Québec. De plus, malgré les immenses progrès en animation 3D et en imagerie assistée par ordinateur, il manque encore selon lui une couche de réalisme pour berner complètement les spectateurs. Dans cette optique, plusieurs productions contemporaines recourent à l’animatronique, à savoir la fabrication d’animaux mécanisés.

Imaginons un loup: en dépouillant et en tannant la fourrure d’un spécimen mort, puis en la plaçant sur une structure articulée et dotée d’un moteur, on obtient une marionnette qui peut être contrôlée à distance à l’aide d’une télécommande.

«Pour simuler la respiration pulmonaire, on met une poche à l’intérieur avec un système qui permet de faire entrer et sortir l’air», explique Mario. Complétez le tout avec des yeux en verre et des paupières mobiles et le résultat peut s’avérer déroutant de réalisme.

Comme de la récupération

En essence, peu importe le besoin identifié par le réalisateur ou le directeur artistique d’un projet cinématographique, l’équipe de Bilodeau se charge de lui donner vie. À une condition cependant: respecter les balises éthiques et le cadre légal strict auxquels la compagnie est assujettie.

Les peaux qu’elle utilise proviennent de la chasse réglementée ou de stratégies écoresponsables. «Certaines espèces sont récoltées car elles sont trop envahissantes. À Montréal, il y a eu cent coyotes qui ont été rapportés l’an dernier. Et si on ne récupérait pas les peaux des élevages de bison, elles seraient jetées à l’abattoir», assure Mario.

Dans le cas des animaux exotiques, Bilodeau collabore avec les zoos et sanctuaires de manière à revaloriser les peaux d’animaux comme les tigres, lions et girafes. «On pourrait voir ça comme de la récupération», propose le gérant, qui souligne que cette philosophie se retrouve également derrière les quelque 400 produits prêt-à-porter qu’on retrouve dans les boutiques de Québec et de Normandin, au Saguenay.

Boutique Bilodeau
20, rue Cul-de-sac – Québec
581-742-6595
bilodeaucanada.com

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